Le Portugal s’en sort bien face à la pandémie... et a tout fait pour !

Même s’il est le voisin direct du deuxième pays européen le plus touché par le coronavirus, le Portugal est comparativement et jusqu’à maintenant particulièrement épargné par l’épidémie, statistiques à l’appui. Des faits qui ont amené les experts à pointer différentes raisons qui font aujourd’hui du Portugal un exemple d’anticipation, de sagesse et de solidarité.

Une situation géographique propice à l’isolement

Enclavé à l’extrême ouest de l’Europe, le Portugal n’a qu’une frontière terrestre avec l’Espagne, lui permettant ainsi un meilleur contrôle des circulations et des flux… et surtout de voir ce qu’il se passait chez ses plus proches voisins et prendre la mesure de la situation. De plus, dès le 15 mars, Lisbonne fermait sa frontière avec l’Espagne, donnant un autre tour de vis aux contrôles des entrées sur le territoire.

Un timing touristique défavorable à l’importation du virus

Certes, le Portugal est devenu un véritable aimant à touristes… mais pas en cette période de l’année ! Les mois de février et mars n’étant guère propices aux allées et venues des touristes, les vecteurs d’importation du virus étaient donc bien moindres que si la pandémie avait commencé au mois de juin ou juillet…

Des mesures prises très tôt

Acte majeur du Portugal dans sa lutte contre la propagation du virus : l’anticipation générale ! S’il a décrété le confinement général le 13 mars (en même que la France), il ne comptait alors qu’une centaine d’infections mais encore aucun mort ni cas grave. 6 jours plus tard, Lisbonne décrétait l’état d’urgence dans tout le pays, une première depuis la dictature en 1974 !

De même, beaucoup de Portugais ont décidé très vite d’aller s’isoler dans leurs maisons de campagne, dès la fin du mois de février, pour se confiner au regard de ce qu’il se passait chez les voisins espagnols et devant les nouvelles d’Italie et de France. Dans les villes, beaucoup ont cessé de sortir dans les bars et les restaurants, bon nombre de commerces ayant décidé d’eux-mêmes de réduire leurs activités voire de fermer purement et simplement.

A l’image de leur président, Marcelo Rebelo de Sousa, qui dès le 8 mars a publiquement décidé de se placer lui-même en quarantaine (5 jours avant l’officialisation du confinement !), incitant sa population à se protéger et à prendre au sérieux la situation, en conférant à cette action une certaine gravité, lui pourtant si friand des rencontres avec ses concitoyens et des bains de foules. Les Portugais ont ainsi pu prendre la mesure de la situation. Dans la foulée de leur président, les familles ont fait le choix d’elles-mêmes de retirer les enfants des écoles, sans même attendre l’injonction de confinement du 13 mars, bon nombre d’écoles ayant fermé quelques jours avant faute d’élèves…

Quand la France débutait le confinement en fêtant ça dans les parcs et les bars, le Portugal s’était déjà cloîtré…

Une continuité politique qui n’a jamais touché aux services de santé

Contrairement à l’Espagne, le Portugal a bénéficié d’une réelle continuité politique, l’actuel gouvernement étant au pouvoir depuis 2015. Un gouvernement qui a été unanimement loué pour avoir réussi à sortir le Portugal de la crise et de l’austérité, mais sans jamais sacrifier la santé publique (qui avait pourtant été durement touchée par la crise de 2008), d’où un système moins fragilisé alors que ce fichu virus vient taper à sa porte.

Des choix sociaux assumés jusqu’au bout puisque, le 28 mars, le gouvernement de Lisbonne a décidé de régulariser tous les migrants dont les dossiers étaient en cours, et de renouveler automatiquement les titres de séjour arrivés à échéance. Une mesure qui a l’immense mérite de mettre l’ensemble de la population sous la protection de la santé publique en cette période de pandémie, réduisant au maximum les inégalités d’accès à la santé, et ce faisant augmentant le contrôle de la pandémie sur le territoire.

Aujourd’hui, le Portugal compte 6 408 cas pour 140 décès, contre 85 195 cas pour 5 085 décès en Espagne, 44 550 cas pour 3 024 décès en France et 101 739 cas pour 11 591 décès en Italie. Des chiffres incroyables que Lisbonne prend avec prudence, redoutant de voir son service de santé publique débordé par des arrivées massives de cas infectÄ—s, ce à quoi il ne pourrait pas forcément résister…

Sans triomphalisme (attitude guère portugaise), mais avec clairvoyance, discipline, rigueur et solidarité, le Portugal mène une lutte exemplaire à ce fichu virus, et nous lui souhaitons de tout cœur de réussir avec ces valeurs… tellement plus portugaises !

A Lisbonne ou ailleurs, bon courage à tous, patience et… restez à l’abri !

Source : France Inter/ linternaute.com / cnews.fr